Selon les derniers chiffres mis à disposition par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), près de 30% des flux maritimes de pétrole sont passés par cette voie étroite lors du premier semestre 2025. Face aux tensions au Moyen-Orient, la question de la libre-circulation des navires fait l'objet de discussions entre les acteurs de cette région stratégique d'Asie du Sud-est.
Long de près de 900 kilomètres, le détroit de Malacca s'étend entre Indonésie et Malaisie, avec un point-clé dans les eaux de Singapour (illustration) ( AFP FILES / ROSLAN RAHMAN )
Pendant que l'Iran revendique ses ambitions sur la manne financière du détroit d'Ormuz et du droit de passage que le régime compte imposer aux navires croisant dans ses eaux, un autre verrou du commerce mondial de pétrole fait parler de lui. L'Indonésie et Singapour ont ainsi promis lundi 6 juillet que le détroit de Malacca, point de transit stratégique pour le pétrole mondial à travers l'Asie du sud-est, restera "accessible".
Le président indonésien Prabowo Subianto a abordé la question avec le Premier ministre singapourien Lawrence Wong à Jakarta, alors que l'Asie du Sud-Est subit de plein fouet les effets de la flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
En avril, le ministre indonésien des Finances, Purbaya Yudhi Sadewa, avait évoqué l’idée de faire payer les navires pour traverser le détroit de Malacca, mais il était ensuite revenu sur cette proposition. L'Indonésie et Singapour "ont intérêt à ce que le détroit de Malacca reste une voie de passage libre", a déclaré lundi le président indonésien. "Nous continuerons à coordonner nos efforts avec la Malaisie et la Thaïlande afin que (...) le détroit de Malacca reste ouvert à tous, sûr et accessible", a-t-il ajouté.
Carrefour mondial
Le Premier ministre singapourien, qui a également estimé que le détroit devait rester "accessible", a indiqué que son pays et l'Indonésie s’engageaient à respecter la liberté de navigation et les droits de passage prévus par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM).
Le détroit de Malacca, entouré par l'Indonésie, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande, est le plus important point de passage pétrolier au monde en termes de volume de transit, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Il est traversé par deux routes maritimes majeures. La première connecte l'Europe à la mer de Chine méridionale via le canal de Suez et la Mer rouge, la seconde relie le Moyen-Orient et ses hydrocarbures à l'Asie, via le Golfe persique et le détroit d'Ormuz.
Selon les dernières données de l'agence, plus de 23 millions de barils, soit 29% du total des flux pétroliers maritimes, ont franchi le détroit au cours du premier semestre de l'année dernière. Samedi, l’ambassadeur d’Iran à Pékin a affirmé que des frais seraient imposés aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, tout en assurant que les pays "amis" bénéficieraient d'un traitement "spécial".
En temps de paix, un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux transite par le détroit d'Ormuz, qui a été largement bloqué à partir du déclenchement des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, entraînant une flambée des prix de l'énergie. L'Iran a levé son blocus du détroit dans la foulée de la signature d'un protocole d'accord avec les Etats-Unis le 17 juin. Des négociations sur un règlement permanent du conflit se poursuivent.
5 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer